

Dans quelques recoins d'ombre
D’étranges colorations
Colossale par leur nombre
Envahissent l’impression
De torpille qui fustigent
Le remède salutaire
D’assistants écuyers
Au crève-cœur légendaire
Maintenant au plus fort
Du trois-quarts éventé
Aux qua’t coins et encore
Au milieu d’l’innomméDe la vie à la terre
Constamment en prières
Face au maigre inventaire
Juste une sainte colère
Il pleut sur la misère
Une pluie de travers
Il pleut sur la misère
Une pluie de traversSans qu’il n’y’ait d’incidence
Sur carême qui commence
Son mélange de jouvence
Et ces noyés d’avance
A tout rompre qui braillent
Une main bien en prise
Pour retendre les mailles
Du vieux temps des cerises
Où des enfants de chœur
Roulent encore sans leurs feux
A tombeau grand ouvert
Vers le moins douloureuxDe la vie à la terre
Constamment en prières
Face au maigre inventaire
Juste une sainte colère
Il pleut sur la misère
Une pluie de travers
Il pleut sur la misère
Une pluie de traversQuand les écluses célestes
Ont un penchant pervers
De suinter au désert
Deux, trois gouttes de misère
A ne voir que du blanc
Tout autour du regard
Des passants nonchalants
Qui se tiennent à l’écart
Entre crainte et désir
Du nocturne murmure
Sans savoir trop choisir
La couleur de peinture
De la vie à la terre
Du côté lapidaire
Où les siècles sur le dos
Vous lacèrent jusqu’aux os
Comme le temps persévère
Il pleut sur la misère…
Comme le temps persévèrent
Il pleut sur la misère…Secrète au foie du vieil ennui
La bile lucide de l’absence
Jusqu’au quatre coins de la folie
Allez savoir pour qui, pourquoi
Parfois la vie est ainsi faite
De coins perdus où l’on s’en va
Un jour verdâtre de cinq à sept
C’est tout petit ça s’manifeste
D’un mal écrit en capitale
Dont l’intention de petite peste
Est de crier c’est du scandale
En se levant avec la pluie
Le cœur de l’homme est monotone
Je pense à toi, je pense à qui
A ma maison qui déraisonneSecrète au foie du vieil ennui
La bile lucide de l’absence
Jusqu’au quatre coins de la folie
En fanfreluches incognitos
Nos devinettes prennent le large
J’ai les sabots hors du troupeau
J’deviens de plus en plus sauvage
Dans la froidure d’un soir d’avril
Celle dont personne ne se souvient
J’ai vu des astres tomber d’leurs fils
Sur la verrière d’mon crâne d’humain
J’ai mal au d’là et par ci
J’suis devenu capharnaüm
Je pense à toi, je pense à qui
A mes envies que je mâchonneQuand l'éloignement d'une présence
Secrète au foie du vieil ennui
La bile lucide de l’absence
Jusqu’au quatre coins de la folie
Divin miroir comme c’est bizarre
J’nai même plus peur d’en faire le tour
De m’refuser encore d’y croire
D’apprendre tout par cœur sur l’amour
J’ouvre ma fenêtre sur la rue
Des deux follets aux tas d’embûches
Sur le pavé dorment cul nu
Me v’la r’parti à faire l’autruche
Dans le silence de ma vie
Qui me cloisonne et m’emprisonne
Je pense à toi, je pense à qui
A une sonn’rie de téléphoneOn n'tourne même plus sur un seul pied
Dis, c'es ça la mélancolie
Quand tout d’vient gris sur du Schubert
A mille millions d’années-lumière
Quant dame le vie tape ses tapies
Sur votre carré d'fleurs tout avachies
On n’tourne même plus sur un seul pied…
A petit feu à qui mieux mieux
Quand ça vous fait monter en l’air
De pied-à-terre chez la misère
On n’tourne même plus sur un seul pied…
A pas comptés, à trop cacher
Les trous percés dans le panier
On n’tourne même plus sur un seul pied…
Dans l’anti-chambre au couvre-feu
A cloche-pied et sauve qui peut
Nos vies taillées en pointillés
S’en vont sans foi soigner les maux
De ventre du truc assez costaud
Qui est venu incognito
Tant et si bien à muche pot
Qu’il sût très vite au fond d’nos os
Planter en rangs les blancs d’poireaux
De L’EXCLUSION, L’EXCLUSION, L’EXCLUSION
Plus rouge que le sang, plus longue que des dents
Plus forte à présent
Elle pousse sous notre peau ses lames de couteaux !
On n’tourne même plus sur un seul pied…