- Quelques poésies...de Pierre Pesnon -

Farida,a le nez de son père, les yeux de sa mère

Le regard de la guerre

Farida,apprend le Coran, le Djihad des grands

Les martyrs, les tyrans.

Farida, ne connaîtra jamais

Tous les jardins secrets, les châteaux, les palais

Farida, perdue dans ce monde

Où tous les hommes grondent, où la terre n'est plus ronde.

Il est de ces temps, qui nourris d'inconscient

Tuent dans l'enfant, la belle au Bois Dormant

Il est de ces temps, qui au nom des puissants

Sous les bombardements, tuent les princes charmants.

Comprenez ma peur, moi le simple chanteur

Devant les rêves qui se meurent, mille et une nuits sans couleur

Comprenez ma peur, ruisselante sur mon coeur

En larmes de douleur, j'écris et je pleure.
"Farida"

Quand je ne serai plus que l'ombre d'un regret

Un pleur au cimetière, une fleur sur une pierre

Quand je ne serai plus qu'une simple poussière

Une larme de silence pleurera ma sentence

Ici gît la paix en occident

Quand sur ma dalle, écrit en capitales

Le remords, la mémoire, le souvenir, mon histoire

Quand sur ma dalle, en simples initiales

Dira: « c'était hier, la paix avant la guerre »

Ici gît la paix en occident

Quand dans ma tombe, moi blanche colombe

Le corps brisé, vidé, desséché

Quand dans ma tombe, de vos souvenirs sombres

A mon dernier soupir, je devins martyr

Ici gît la paix en occident
"Ici gît la paix en occident"

Ce soir, je bouffe, cafard arrosé d’idées noires

Champagne au désespoir, un vrai caviar pour mes cauchemars

Ce soir, je bouffe, avec un doigt de parano

Devant ce film plutôt salaud, sur grand écran sado maso.

Et merde à ce cinoche, beau cul belle gueule, quand tu t’trouve moche

Et merde aux grands boulevards ampoulés de gris costard.

A mon cher Rimbaud, voilà pour toi ces quelques mots

Salut Verlaine et à bientôt, apportes-lui tous mes sanglots.

La tête, dans une touffe, ruisselant de nausée

Entre deux seins j’étouffe, et jouis sans pensée

J’ai bu à la fontaine, des jupes de toutes les putains

Et bien, trempé ma peine, à la santé des belles catins.

Plongé, dans la vinasse, je prose mes vers se cassent

La gueule bien défoncée, je rampe vers mon passé

Entre deux verres les rimes, entre deux rimes les verres

Du meilleur jusqu’au pire, du ciel à l’enfer.

"Lettre à Rimbaud"

Dites-moi quel est ce grand vent qui a léché ta peau de femme

Traçant deux collines au pied d’un océan au royaume de flamme.

J’aurais voulu être le temps, au cœur de ce grand vent

Et de mes deux mains de géant, te protéger tendrement.

Pour que la trace des années aux griffes cruellement acérées

Ne creuse sans respect les traits de ta féminité, beauté.

J’aurais voulu être le temps et combattre les ans

Dans la lice preux chevalier , fidèle bouclier.

Dites-moi quel est ce grand dieu qui a sculpté ta peau de femme

Taillant le soyeux exquis un bouton, une rose de charme.

J’aurais voulu être le temps, au cœur du tout puissant

Et de mes deux mains de géant, te protéger tendrement.

Pour que le bras des ombres armées de bible et de coran bafoué

N’enserre plus ton corps fragile dans des soies tissées de barbelé.

J’aurais voulu être le temps, gommer les morts vivants

Conjuguer, émanciper au féminin liberté.

Dites-moi quel est l’univers qui a conçu ta peau de femme

Dessinant le parfait de tes pleins, le délié de tes seins lissés madame.

J’aurais voulu être le temps, me fondre aux éléments

Et de mes deux mains de géant, te protéger tendrement.
"Deux mains de géant"

Boire au bout du comptoir, faire la peau à son histoire

Alcool dans un fumoir, drogue l’ennui, tue les déboires.

Ivresse ma déesse, que j’aime tes caresses

Ivresse ma faiblesse, ô je t’aime ma princesse.

Je rentre au bout d’un pétard, brille les lumières dans mon noir

Mon sexe dans le coltart, pisse debout tous mes cafards.

Ivresse ma déesse, que j’aime tes caresses

Ivresse ma faiblesse, ô je t’aime ma princesse.

J’me couche dans le cirage, tous les bisons au démarrage

Galopent dans ma tête, labourent le sol de mes cauchemars.

Ivresse ma déesse, que j’aime tes caresses

Ivresse ma faiblesse, ô je t’aime ma princesse.

J’me lève dans le brouillard, lavé ma gueule de fêtard

Les yeux en trous de pine, et les idées dans ma bibine.

Ivresse ma déesse, que j’aime tes caresses

Ivresse ma faiblesse, ô je t’aime ma princesse.

Ce soir, bande de connards, je tiendrai le coup au bout du comptoir

J’irai si confesse, tuer l’éternel de ma tristesse.

Ivresse ma déesse, que j’aime tes caresses

Ivresse ma faiblesse, ô je t’aime ma princesse.

"Ivresse,ma princesse"
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